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Jeudi 11 octobre 2007 4 11 /10 /Oct /2007 09:31
Si vous voulez revivre une deuxième fois notre voyage
ou
si vous voulez savoir
tout ce que vous ne savez pas encore sur notre aventure,


                              on vous donne rendez vous


au Foyer Rural de Chambles:
    le samedi 13 octobre à 20h et le dimanche 14 octobre à 15h30

à l'école Ste Marie de Bousval:
    le vendredi 30 novembre à 20h et le samedi 1er décembre à 20h

à Saint-Etienne
    le vendredi 9 novembre à 20h au Centre Social de Beaulieu,
11, bd Karl Marx à St Etienne


le samedi 10 novembre à 20h à la Maison d'animation de la Métare,
96 bd Alexandre de Fraissinette à St Etienne

au programme :
projection sur grand écran de nos photos préférées avec les commentaires et les musiques qui vont bien avec
 +
toutes les réponses à toutes les questions
+
visite de notre maison du voyage, Berzingue au grand complet.

Pour plus d'info: cecilegodart@yahoo.fr
Par Cécile et Nicolas - Publié dans : surlesroutes
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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /Juil /2007 00:03

 Vous vous demandez tous si : finalement est-ce qu'ils sont arrivés enfin oui ou non ???


Ah ça oui alors, on est arrivé. On a posé Berzingue, on a fait tout plein de bisous, on retrouvé tout le monde. On est arrivé.

Mais jusque là, on se demandait ce que ça voudrait dire, arriver. Maintenant, on sait. Voilà ce qui se passe :

On arrive, on débarque, on atterrit. On partage la dernière soirée et les derniers kilomètres, on se reconnait, on rigole bien. D'abord ça va très vite, quand on arrive, puis ça prend du temps. On est content et on est triste, on est fatigué, on est ému. On retrouve les gens qu'on aime et qui nous ont manqué. On dort, on est désorganisé, on se réveille. On peut remettre des jupes, souffler dans la trompette, regarder le plafond, manger des tartines grillées. On trouve que tout le monde est occupé, que tout le monde a changé, que personne n'a changé, il y a un nouveau cadre à côté du frigo. On s'ennuie, on est ailleurs, on rêve d'Istanbul à Damas et il pleut dehors. On entend 10 000 fois les mêmes questions. On nous demande ce qu'on va faire, on se demande ce qu'on va faire. On ne se demande plus où on dort ce soir, chez qui, où on va, quand on s'arrête, où on s'abrite, s'il y a encore assez d'essence dans le réchaud, si la tente sera sèche, si on doit mettre de la crème solaire, s'il vaut mieux prendre la petite route qui monte ou la grosse route qui va à plat mais qui est pleine de voitures.

Tout ça nous donne envie de prolonger le voyage encore un peu. Alors on va voir comment ont voyagé tous les enfants de nos deux pays, dans leurs écoles, ceux qui nous lisaient au fil des articles. Leur tour de la Méditerranée à eux. On écoute leurs tonnes de questions et leurs réactions, on se promène dans leur couloirs tapissés de tapis, on goûte leur goûters aux parfums orientaux et aux cornes de gazelles, on les regarde faire la danse du ventre ou celle du serpent, on joue à la Bomba comme en Espagne, on redécouvre notre aventure dans leurs carnets de voyage, on fait voler leur cerfs volants, on joue avec leurs marionettes arabes, on visite les villages en terre miniature...

Puis quand on arrive au bout du voyage, à l'arrivée, on se rend compte qu'on est encore un peu perdu parce que c'est tout juste fini et déjà ça parait loin. Alors on se rassure et pour se rassurer, par exemple, on calcule :

On calcule les kilomètres : de la maison de Nicolas à la maison de Cécile, il y a à peu près 800 km, mais nous, on en a fait 18 599 ! On a fait 13 654 km en vélo, ça veut dire qu'on a pédalé pendant 811 heures sur Berzingue, à une vitesse moyenne de 16,84 km/h. Pour arriver au total, on doit rajouter 4945 km fait dans des bus, bateaux, camions, pick up, traghetti...


On calcule les jours : on a voyagé pendant 279 jours. On a pédalé pendant 181 jours (en faisant en moyenne 75,4 km par jour) et pendant les 98 autres jours, on s'est reposé, on a visité des écoles, on a visité des villes, on a attendu le soleil.

On calcule les nuits: on a dormi pendant 279 nuits. On a passé 125 nuits chez des gens qui nous prêtaient un matelas, un fauteuil, une chambre, et tout ce qui va avec (l'amitié, les histoires, les habitudes, des tranches de vie). On a passé 93 nuits dans notre petite tente verte, qu'on plantait partout en sauvage, dans les forêts, les champs, les montagnes, les déserts, sur les plages et sous les ponts. Pour 48 autres nuits, on s'est payé le camping, la tente de bédouins, l'auberge de jeunesse ou l'hôtel. Ajoutons 2 nuits dans un bus, deux dans un bateau, une à un poste frontière, une dans un musée, une dans restaurant, une dans un bureau de presse, une dans une usine, une dans une pompe à essence. Et trois nuits dans une innoubliable caravane nommée Pégase. Le compte y est.

On calcule le reste : on a transporté 80 kg de bagages et on a crevé seulement 6 fois nos pneus. On est tombé zéro fois. On a traversé 22 pays différents.

On calcule les records :

  • la vitesse maxi sur Berzingue : 74,5 km/h dans une belle longue descente toute droite

  • le jour le plus long en vélo : 158 km en 1 jour

  • le jour le plus court en vélo (faute d'indigestion post nuit de ramadan) : 6,51 km en 1 jour

  • le point le plus haut de notre parcours en vélo : le Tizi N'Test au Maroc à 2099 mètres d'altitude.

  • le point le plus bas de notre parcours en vélo: la mer Morte, 417 mètres en dessous du niveau de la mer. 

Si on fait tous ces calculs, c'est aussi parce qu'on est content et fier d'être arrivé. Peut-être qu'on en a profité pour grandir un peu. Alors, on dit merci au soleil qui était sur nos routes, on dit merci aux routes qui étaient belles là où elles étaient, on dit merci aux gens qui ont été beaux eux aussi et contents de nous trouver sur leurs routes et qui ont souvent transformé leurs chez eux en des chez nous d'un instant. Et merci à tous ceux qui nous attendaient au bout de la route, merci à vous.


On comprend qu'on arrive d'un long voyage et tout est très vite très loin alors pour être sur, on referme les yeux et on se rappelle de tout ce qui se passe maintenant, exactement maintenant sur ces routes là d'où on vient. Et tout y est toujours, exactement. Les vieilles madames turques tricotent toujours sur fond de chants de grenouilles, les vendeurs de babouches de Marrakech négocient toujours leurs adidas berbères cinq vitesses marche arrière climatisées avec les touristes énervés, les oreilles des chèvres jordaniennes s'agitent toujours au vent, les parties de foot s'improvisent toujours dans les escaliers d'Alger avec la mer en face qui est toujours là et le soleil qui cuit.

Le désert est toujours immobile, rien n'a bougé. Les cochons balkans grillent et tournent, grillent toujours. Et les défilés défilent à Bitola. Et les jeux de dominos. Et la mer rouge pleine de bateaux pleins de gens pleins de prières. Et les rues espagnoles à l'heure de la sieste. Et le magasin d'oeufs de Bizerte. Et les soupes aux poissons. Et les glaces d'Italie. Et le pain qui prend la poussière du Caire. Et les nageurs de Bern et les mariages d'Algérie. Et les granges et les vélos-voyageurs et les camions et les claxons, le renard, les crocodiles. Et Amine et Yvanna et Panagiotis et Ebru et Elena et Adil et Luba et Mohammed et Fabio et Rajaa et De Gaule et Annamaria et Michel et Bouchra et Omar et Saoucène et Paracevas et Soumia et Nezim et Branka et Tomislav et Pinuccia et tous tous tous qui continuent avec leurs vies, leurs soucis et leurs bonheurs.


Et pour un petit coup comme ça, vite fait, entre deux élans, on se rappelle que le monde est vivant et très chouette et ça fait du bien.

Par Cécile et Nicolas - Publié dans : surlesroutes
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Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /Juin /2007 23:47

Ca fait neuf mois qu'on est parti. Neuf mois pour s'éloigner de chez nous et neuf mois pour se rapprocher. On a eu le temps de les voir défiler, les routes, les plaines et les grands déserts. On est passé par au dessus des montagnes et par en dessous des orages, on a traversé quelques paradis et des monstres de villes. On a pédalé sur du goudron, de la terre, du sable et des cailloux, et des feuilles et de l'eau. Et petit à petit, kilomètre après kilomètre, on a vu s'enchainer les cartes, et de très loin, on s'est retrouvé tout près, comme pour un grand voyage. Aujourd'hui, on est devant Luxembourg, Bastogne, Ciney, Dinant, Namur...

Aujourd'hui, ça sent le pavé et le spéculoos. Ca sent la foret. Ca sent l'Adolphe Sax, la Bonne du Curé et le pistolet à l'américain. Ca sent Magritte qui peint Maigret, le compromis et la tarte au sucre. Et Quick et Flupke dans un carnaval de Binche. Et Gaston la Gaffe, les schtroumpfs et les pralines au massepain. Ca sent la balle pelote devant les maisons en briques, la danse aux canards et le concours Reine Elisabeth. Ca sent la drache. Godefroid de Bouillon et la dentelle. Ca sent le sanglier. Ca sent la baraque à frites. Ca sent le souper de tartes al djote. Ca sent le tantot, les flamands, ca sent les wallons. Ca sent les babeluttes et le roi Baudoin. Ca sent la Meuse et les couques au beurre.

Ca sent la BELGIQUE. Ca sent le retour comme un voyage qui se termine, les retrouvailles et les histoires.

Parce que nous, finalement, on dirait bien qu'arrive !!!

On vous attendra ce week-end, à moins que ce ne soit vous, on verra.

En attendant, préparez votre vélo. Et surtout, n'oubliez pas ceci, parce que c'est un fameux belge qui vous le dit (Julos Beaucarne qu'il s'appelle) :

"La révolution passera par le vélo, camarade.

Ah, la bicyclette !

Elle te permet d'aller cinq fois plus vite que le piéton, tu dépenses cinq fois moins d'énergie et tu vas cinq fois plus loin.

En vérité, je te le dis, camarade, la révolution passera par le VéLO.

S'coup ci ça va daller,

el vi monde va squetter,

tertous tertous inchenne,

no dallons l'fait petter*."

A TRES BIENTOT, en chair, en os et.... en vélo!!!!

* en wallon: cette fois ci, ça va aller, le vieux monde va se briser, tout le monde, tout le monde ensemble, nous allons le faire changer.

On compte sur vous, hein...

Par Cécile et Nicolas - Publié dans : surlesroutes
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Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /Juin /2007 00:29

On vous disait que grâce aux Acacias, on s’était retrouvé en France, un peu plus tôt que prévu. Mais finalement, c’était pas plus mal, parce qu’on a découvert que les Français aussi aiment partager leur chez-eux, leur cuisine, leurs souvenirs de voyage, leur chocolat de Morteau, Pastis et querelles de voisinages. Et grâce à eux, maintenant, on sait que Gommersdorf est le village des fous sans cimetière, que Dannemarie est celui des lécheurs d’assiettes qui voisinent avec les croqueurs de neige…

 

C’est génial de se rendre compte qu'en France aussi, les gens ont envie de nous raconter leur petites histoires de tous les jours !

 

On est passé des villes en –court, aux villages de maisons en colombage, aux villes en –dorf aux villes en –heim aux villes en -ange…

 

Et entre temps, on est passé à Colmar.

Ça nous a fait un peu bizarre, parce que Colmar, c’est la ville où on habitait avant de partir en voyage. On a retrouvé notre rue des Tisserands, nos apéros d’amis et de voisins, les ragots qui continuent, les bébés qui sont nés ou qui ne vont plus tarder, les mariages qui se préparent et tout ce qui n’a pas changé…

 

Et on a aussi été raconter notre aventure aux enfants de l’association où Cécile travaillait. Là c’était vraiment génial, parce que la Turquie, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie ou la Bosnie, eux, ils connaissent déjà super bien, ce sont LEURS pays !

On vous ajouterait bien les photos qui vont avec, mais ça ne marche pas, vous patienterez encore un peu, on n'est plus à ça près...

Par Cécile et Nicolas - Publié dans : surlesroutes
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Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /Juin /2007 15:33

Avant de quitter la Suisse, on avait rendez-vous avec une délégation exclusivement féminine des Acacias : Nelly, Séverine, Camille, Pauline, Aurélie, Lucie, Esther, Zaïa et Marie-Hélène (elle, c’est la maman de Nicolas !).

 

Les Acacias, c’est l’Institut Médico-éducatif de St Etienne. Pendant toute l’année, les jeunes de cette école ont avancé avec nous à travers tous les pays, ils ont peut-être bien dansé le flamenco, essayé des babouches, cuisiné du couscous et fabriqué des tapis turcs. On n’a pas arrêté de penser à eux parce que les petits drapeaux qui nous suivaient, accrochés à la remorque, ce sont eux qui nous les avaient offert…

 

On les a retrouvé à Neufchâtel, on leur a prêté notre appareil photo et notre plume. C’est eux qui vous racontent:

   

 

« En Suisse, on a retrouvé Cécile et Nicolas et Berzingue. Ils étaient bronzés. Quand on les avait vu la première fois, ils étaient tout blancs. Berzingue était tout abimé, tout fatigué, foutu. Au début, il était tout neuf.

 

 

On avait laissé la camionnette pour retrouver Cécile et Nicolas et quand on est retourné à la camionnette, on avait un PV, une amende de 100FR mais finalement le policier a dit que c’était gratuit. En Suisse, on ne paie pas en euros mais en francs suisses. Trois francs suisses, c’est la même chose que deux euros. Avec trois francs suisses, on peut acheter trois cartes postales.

 

 

 

 

En Suisse, on parle le Suissais.

 

On a pique-niqué devant le lac et on s’est fait attaquer par des oiseaux.

 

 

Le mot Neufchâtel, c’est difficile à retenir, ce serait plus facile Monchâtel. Ça s’appelle NeufCHATel parce qu’il y a des CHATtes, des CHATaignes et un CHATeau. On est monté en haut pour voir le château. Dans la ville, il y avait aussi des statues avec des humains et des armures. On a vu aussi qu’on peut boire du vin du « tiroir ». Et on a visité Marrakech au Maroc à Neufchâtel.

 

 

 

 

A la fin, on a fait un tour en vélo sur Berzingue ou une photo seulement pour ceux qui ne voulaient pas faire un tour.

 

On a invité Cécile et Nicolas à venir dormir chez nous, en France, près de Neufchâtel, au gîte. On a mis leurs bagages et la remorque dans la camionnette mais, eux, on les a laissé tout seuls et ils ont dû venir chez nous en vélo parce qu’il n’y avait pas assez de place dans la camionnette. Le monsieur à la douane a dit « Vous avez pas tombé la pluie sur vous ? Non ? Alors vous pouvez y aller.» Mais il n’a pas vu la remorque cachée dans la camionnette, heureusement. Alors, on est arrivé au gîte.

 

 

 

 

Au soir, on a mangé des spaghettis comme les italiens, mais on les a coupé et mangé avec une fourchette. Et on a discuté et on a dormi.

 

 Au matin, il y avait la tente fermée et plantée dans le salon, alors que nous on croyait que Cécile et Nicolas dormaient dehors. Normalement, on dort dehors avec une tente. Lucie, elle voulait retourner la tente. Mais on a entendu du bruit, en fait ils dormaient encore à l’intérieur de la tente ! C’était une jolie tente, et on a pu rentrer à l’intérieur, c’était bien dedans, c’était grand mais il faisait chaud et c’était aussi petit, parce qu’on était serré, on était à sept à l’intérieur.

 

 Après, on les a aidé à la ranger, et a ranger les sacs de couchages et à dégonfler les matelas.

   

 

Et après on a fait une boum au matin!!! » 

 C’était bien chouette ces premiers moments en France, on fait un gros bisou à tous les Acaciens, ceux avec qui on a passé ces deux jours et tous les autres qu’on reverra en juillet et qui ont préparé un grand spectacle qu’on attend déjà avec impatience…

Par Cécile et Nicolas - Publié dans : surlesroutes
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